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Ethnoscop, Pointe-à-Callière.
Le parlement abritait deux grandes bibliothèques, dont celle de l’Assemblée législative. Riche de plus de 15 000 ouvrages couvrant toutes les disciplines, elle était ouverte au public et constituait alors la bibliothèque de référence la plus complète du pays.

« Passenger Pigeon » (La tourte voyageuse), planche LXII, John James Audubon.
Parmi les ouvrages les plus prestigieux, la célèbre édition ornithologique du savant louisianais Jean-Jacques Audubon : The Birds of America abondamment illustré, en 24 imposants volumes. Également précieux étaient les 22 tomes de la Description de l’Égypte, qui venaient avec leur propre meuble sur mesure.

« Catalogue of books in the Library of the Legislative Assembly of Canada », Canadiana, oocihm.43439.
Comment connaître le contenu des bibliothèques disparues dans l’incendie ? Grâce à l’imposante bibliographie dressée par le greffier adjoint de la Chambre d’Assemblée Georges-Barthélemi Faribault (1789–1866).
Pointe-à-Callière, « Expo caserne – Gilles Gallichan ».
[La vidéo s’ouvre sur le logo de Montréal Capitale, avec l’enseigne du Musée Pointe-à-Callière au bas de l’écran. Plan sur Gilles Gallichan, bibliothécaire et historien retraité de l’Assemblée nationale du Québec.]
Gilles Gallichan :
Au début des années 1830, la bibliothèque est confiée à Étienne Parent, qui est un journaliste, un homme de vision et intellectuel de l’époque, et Louis-Joseph Papineau, qui est président de la Chambre.
[Un portrait d’Étienne Parent apparaît à l’écran, suivi d’un portrait de Louis-Joseph Papineau.]
Gilles Gallichan :
Avec eux : Georges-Barthélemi Faribault, qui est greffier adjoint de la Chambre. Ce trio-là va vraiment constituer une collection vraiment intéressante autour de la bibliothèque.
[Une reconstitution virtuelle de la bibliothèque du parlement apparaît à l’écran. La bibliothèque comporte de nombreux rayons sur deux étages, avec un escalier en colimaçon qui permet d’accéder à l’étage supérieur. Deux grands livres sont exposés chacun sur un îlot au centre de la bibliothèque. Un parlementaire se trouve dans la salle.]
Gilles Gallichan :
On va développer des secteurs de la bibliothèque, de la collection, qui va devenir l’équivalent d’une bibliothèque nationale.
[Une image de livres anciens apparaît à l’écran. Les titres « Mémoires de l’Amérique » et « Voyages du Baron de Lahontan » sont lisibles.]
Gilles Gallichan :
Il y avait des livres importants, bien sûr, dans cette collection-là. Les œuvres de John Locke, par exemple : Lex Parlementaria, qui est un des premiers ouvrages qui est arrivé à la bibliothèque. C’était des ouvrages qui avaient été écrits en Angleterre, au 17e siècle, au moment où l’Angleterre aussi vivait des révolutions importantes au niveau des institutions politiques. On pense souvent à la glorieuse révolution de 1688 en Angleterre, c’est le moment où le pouvoir législatif, le Parlement, a réussi à s’imposer au pouvoir royal. Et il y a eu comme un déplacement de forces politiques. Il s’est écrit donc des traités politiques importants et ces ouvrages-là vont également inspirer les députés canadiens de l’époque qui vont également aller puiser dans ces ouvrages-là, ouvrages théoriques souvent, des avancées politiques, théoriques, mais qui évidemment mettaient mal à l’aise les autorités coloniales de la place parce qu’on disait : « Ben oui, oui, ça c’est bien beau, c’est des principes du parlementarisme britannique, mais n’allez pas vous inspirer de ça, là, on est une petite colonie ici ». Alors on voit comment les députés ont utilisé le contenu des bibliothèques pour alimenter le discours politique et faire avancer aussi, même les institutions ici, même si ça choquait les gouverneurs ou les fonctionnaires coloniaux.
À l’époque, surtout dans les années 1840, on était tout à fait conscients de la valeur de ces collections-là.
[Une image des restes brûlés du parlement, provenant d’un journal, apparaît à l’écran. Elle est suivie d’une image de fragment de page calcinée. Une autre image qui montre une page complète très endommagée par le feu apparaît à l’écran.]
Gilles Gallichan :
La perte des deux bibliothèques parlementaires en 1849, c’est réellement une tache sombre dans l’histoire intellectuelle de l’époque, parce que ça a privé énormément de personnes qui auraient eu la possibilité, soit par la presse ou par l’enseignement, de puiser dans ces collections-là. Un rayonnement encore plus grand que celui qui était uniquement relié à l’institution parlementaire. Alors, ça a été extrêmement dur pour la génération qui a suivi cet événement-là. Et on peut dire qu’à la fin des années 1850, malgré tout, avec vraiment beaucoup d’énergie et beaucoup de volonté, on avait réussi quand même à combler, à refaire une collection qui atteignait à peu près le niveau de ce qu’on avait perdu en 1849.
[Plan final sur le logo de Montréal Capitale. Le logo du musée Pointe-à-Callière est présent au bas de l’écran.]
Cette capsule vidéo évoque l’histoire des bibliothèques du parlement.

Anonyme, portrait de Georges-Barthélemi Faribault vers 1821, Musée national des beaux-arts du Québec, 1983.10.
Fonctionnaire de carrière, Georges-Barthélemi Faribault est aussi un grand intellectuel. Greffier de profession, il se passionne pour l’histoire et les archives. Après l’incendie de 1849, il reçoit la tâche colossale de reconstituer la bibliothèque, en rachetant un à un les ouvrages détruits.