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Francis Augustus Grant, « Lord Elgin et ses proches collaborateurs quittant la résidence du gouverneur général pour le parlement, avril 1849 », Musée McCord Stewart, M2001.30.3.
Cette journée est marquée par un rassemblement, en soirée, de plus d’un millier de personnes pour protester contre la signature d’un projet de loi par le gouverneur général.
Ce matin-là, comme à son habitude, Lord Elgin quitte sa résidence officielle pour se rendre au parlement. Dans la salle du Conseil législatif, il accorde la sanction royale – la nouvelle se répand vite – aux lois adoptées au cours de la session. Parmi ces lois, l’une d’elles est décriée par les opposants tories : l’Acte pour indemniser les personnes dans le Bas-Canada, dont les propriétés ont été détruites durant la rébellion des années 1837 et 1838. Ce rituel terminé, en fin de journée, le gouverneur quitte le parlement pour rentrer chez lui à Monklands. Mais « un petit noyau de personnes », racontera-t-il, l’attend à la sortie du parlement. Sitôt qu’il prend place dans son carrosse, une pluie de projectiles improvisés s’abat sur lui.

John Henry Walker, « The Man wot fired the Parliament House », Punch in Canada, 19 mai 1849, Thomas Fisher Rare Books Library, K-11 0118.
20 h, au Champ-de-Mars. C’est le rendez-vous donné par la Montreal Gazette pour rassembler les tories mécontents que le Rebellion Losses Bill ait été approuvé par le gouverneur Elgin, à la demande du gouvernement réformiste Louis-Hippolyte LaFontaine. Près de 1 500 personnes répondent à l’appel, et des discours incendiaires sont prononcés par plusieurs, dont Alfred Perry, chef d’une brigade de pompiers volontaires. Mais la presse anglophone accuse plutôt LaFontaine d’avoir enflammé le débat en soumettant le projet de loi pour indemniser les victimes des rébellions, comme en témoigne cette caricature parue dans le Punch in Canada.
Perry est aujourd’hui largement reconnu comme l’un des principaux instigateurs de l’incendie, et il l’admet lui-même dans ses mémoires de l’événement, qui paraissent en 1887. Au Champ-de-Mars, devant une foule d’hommes en colère, il déclare : « Le temps des pétitions est fini. Si les hommes ici présents sont sérieux, qu’ils me suivent au Parlement. »
La fin de Montréal comme capitale était annoncée.