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John Henry Walker, « Vue de la cour de l’École normale Jacques-Cartier » (détail), Journal de l’Instruction publique, janvier 1857, vol 1 no 1, page 1.
Au milieu du 19e siècle, le secteur autour de la maison du Gouvernement constitue le cœur de l’administration de la capitale montréalaise. Ce quartier se développe rapidement pour accommoder les activités parlementaires et administratives. Mais les plans et les projets, certains très ambitieux, ne se concrétiseront pas tous !

En arrière-plan, l’aile à bureaux construite en 1847 derrière le château Ramezay (démolie depuis). John Henry Walker, « Vue de la cour de l’École normale Jacques-Cartier », Journal de l’Instruction publique, janvier 1857, vol 1 no 1, page 1.
Avec l’arrivée de plusieurs départements rattachés au pouvoir exécutif et au gouverneur, la maison du Gouvernement est agrandie. En 1847, on construit une nouvelle aile arrière pour loger 30 bureaux.
Fait marquant : c’est le tout premier bâtiment à Montréal conçu spécialement comme un édifice à bureaux.

« Plan des rues Notre-Dame et Gosford et de quelques bâtiments », Bibliothèque et Archives nationales du Québec, E21, S555, SS1, SSS21, P16.
Autour de la maison du Gouvernement, plusieurs bâtiments sont loués ou achetés par l’administration pour accueillir les nouvelles institutions publiques.
Parmi elles : le Bureau des Terres de la Couronne, un département majeur chargé de tout ce qui touche au territoire canadien – ventes, exploitation, gestion. Dans ces années-là, le Bureau s’installe juste en face du château Ramezay. Vous pouvez le repérer sur cette carte.

T. A. Begly, « Plan A for improving the City of Montreal shewing a site for public buildings and new approaches to the city from the river projected by T. A. Begly. April 1839. », Bibliothèque et Archives du Canada, 4126123.
Un projet de « cité parlementaire » existait avant même que Montréal se voie confirmée à titre de capitale de la province du Canada. Ici, vous voyez un plan du projet d’aménagement en… 1839 ! On y voit le parlement prévu sur le site du Champ-de-Mars, et une grande place menant au port, baptisée place Waterloo, face à la colonne Nelson. Ce projet n’a finalement jamais eu lieu, mais la colonne existait déjà, le regard fixé sur ce qui aurait été la cité parlementaire.
Pointe-à-Callière, « Vidéo expo caserne – Alain Roy ».
[La vidéo s’ouvre sur le logo de Montréal Capitale, avec l’enseigne du Musée Pointe-à-Callière au bas de l’écran. Plan sur Alain Roy, historien au laboratoire d’histoire et de patrimoine de Montréal à l’UQAM.]
Alain Roy :
Le Montréal de la décennie des 1840, en réalité, c’est une décennie qui est des plus fascinantes dans l’histoire de Montréal. On voit, par exemple, la population augmenter de 25 % en l’espace de 10 ans, ou à peu près.
[Un tableau de la place d’Armes au 19e siècle apparaît à l’écran. La place est dépeinte sous un immense ciel bleu. La cathédrale Notre-Dame occupe tout l’espace à droite. Au centre de la place se trouve une fontaine. De nombreux passants circulent dans l’endroit.]
Alain Roy :
On voit aussi toute la création, par exemple, du canal Lachine qui est agrandi.
[Une carte de Montréal au 19e siècle apparaît à l’écran. On y voit bien délimité l’endroit du canal Lachine.]
Alain Roy :
L’arrivée donc de manufactures, et l’arrivée de la capitale va aussi avoir un impact important sur l’ensemble de la ville.
[Une gravure du 19e siècle illustrant Montréal vue du fleuve apparaît à l’écran. La gravure montre des bateaux à voile et à vapeur ainsi que des barges. La ville se distingue en second plan par ses nombreux bâtiments. Au fond se trouve le Mont-Royal.]
Alain Roy :
Cette effervescence-là va être démultipliée en fait par l’arrivée de tout le personnel politique des députés qui viennent à Montréal à ce moment-là pour cette période de capitale. Dans le Parlement lui-même, tu as beaucoup d’écrivains, donc des gens qui vont nourrir, en fait, l’espace intellectuel, disons, de la ville.
[Une reproduction numérique du parlement apparaît à l’écran. Des parlementaires en costume d’époque et chapeau haut de forme discutent dans un grand hall d’entrée ensoleillé. Un homme assis lit un journal. Une autre reproduction numérique est présentée, celle-ci d’un large corridor dans le parlement. Deux hommes se saluent en se croisant. Des bureaux vitrés bordent le corridor.]
Alain Roy :
Donc, c’est une richesse qui la différencie à l’époque de Québec ou de Toronto, qui étaient les anciennes capitales du Bas et du Haut-Canada. Pour être une capitale, à l’époque, il y avait trois bâtiments ou trois éléments fondamentaux qu’une ville devait posséder : une résidence du gouverneur général, un parlement et des édifices à bureaux. Dès 1844, on va commencer à aménager Monklands, qui est aujourd’hui Villa Maria, pour en faire une résidence digne d’un gouverneur général. Le parlement va être établi au marché Sainte-Anne. Le troisième élément, ce sont les bureaux, autrement dit, pour l’administration, parce que justement, dans ce passage à l’état libéral moderne, il y a une administration qui croit, on va donc bâtir un édifice à bureaux moderne en fait, à côté du château Ramezay. Mais il y a un autre bâtiment qui est associé à la Capitale, qui est celui du Palais de justice.
[Une carte postale ancienne illustrant le palais de justice apparaît à l’écran. Le palais est un grand bâtiment de style néoclassique, avec des colonnes antiques sur les façades.]
Alain Roy :
En fait, en 1849, on veut bâtir un nouveau Palais de justice, et celui qui est bâti sur la rue Notre-Dame est en fait le principal projet hérité de l’époque de Montréal-Capitale. Un autre bâtiment qui marque cette époque-là, c’est bien entendu le marché Bonsecours.
[Une gravure ancienne du marché Bonsecours en hiver apparaît à l’écran. Le grand marché en pierre de style néoclassique est présenté en second plan. La rue devant le marché est bondée. Des personnes en traîneau tiré par des chevaux tentent de se frayer un chemin dans la foule.]
Alain Roy :
Le marché Bonsecours, lui, est un bâtiment de la ville de Montréal, et on pense que le bâtiment, autrement dit, est inspiré par cette idée, on pourrait dire, du Parlement, tel qu’il était envisagé à l’époque des années 1840, mais qui est inspiré aussi de l’Hôtel de ville de Kingston. Et ce bâtiment-là, donc, affirme d’une certaine façon la présence municipale à Montréal et contribue donc à cette idée d’une décennie particulière. Comme a dit un historien, la décennie des 1840, c’est la première Révolution tranquille. On est en plein dans cet univers-là à Montréal.
[Plan final sur le logo de Montréal Capitale. Le logo du musée Pointe-à-Callière est présent au bas de l’écran.]
Visionnez cette vidéo qui traite des institutions de Montréal capitale.