Cette version est conçue pour offrir une expérience plus immersive, en présentant l'ensemble des contenus de façon dynamique et interactive.
Souhaitez-vous continuer vers la version interactive ?

Un des deux pichets commémorant l’abolition des Corn Laws retrouvés sur le site du parlement à Montréal. René Bouchard, Pointe-à-Callière, collection Ville de Montréal.
Au moment même où Montréal se développe à grande vitesse, son économie encaisse un choc. En 1846, Londres abolit les tarifs préférentiels et adopte le libre-échange. La fin des Corn Laws, qui garantissaient un marché pour les céréales canadiennes, prive les marchands montréalais de revenus stables et les plonge dans une concurrence internationale plus rude.
Le paradoxe est frappant : alors que le port s’agrandit et que la ville s’impose comme carrefour commercial, les salaires restent bas et les prix des propriétés montent en flèche. Dans ce centre-ville en pleine effervescence, de nombreux bâtiments demeurent pourtant vides. Montréal combine alors prospérité apparente et fragilité économique.

François Gignac, Pointe-à-Callière.
Deux pichets, retrouvés dans les décombres du parlement incendié en 1849, portent les effigies de Richard Cobden (à gauche), député libéral britannique, et de Sir Robert Peel (à droite), premier ministre tory, les deux artisans de cette mesure politique. Fabriqués en Grande-Bretagne, les pichets commémoraient l’abolition des Corn Laws en 1846.
Mais leur présence à Montréal intrigue : qui pouvait célébrer une mesure qui fragilisait directement le commerce colonial ? Dans la province du Canada, la presse dénonçait déjà cette « catastrophe du libre-échange ». Minoteries, marchands, transporteurs et même les agriculteurs du Haut-Canada en subissaient les effets. À Montréal, le ressentiment envers Londres est à son comble. Les commerçants n’oublieront pas.