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William Notman, Couvent des Sœurs grises, rue d'Youville, Montréal, QC (détail), 1867, musée McCord Stewart, I-26332.1.
La potasse… étrange mot, non ? Cette matière provient des forêts défrichées, transformées en cendres puis bouillies dans de grands chaudrons. D’où son nom, hérité de l’anglais pot et ash.
Au milieu du 19e siècle, c’est une véritable manne : un tonneau se vend jusqu’à 10 livres sterling ! Depuis les entrepôts de Montréal, elle est exportée en masse vers la Grande-Bretagne. Ce produit est utilisé dans le processus de blanchissage et de teinture des textiles, ainsi que dans la production de verre et de céramique, où la demande explose.


Image de 1848 : Guy Lessard, Pointe-à-Callière. / Image de 2025 : Normand Rajotte, 2004, Pointe-à-Callière, 2022.19.040.
En 1827-1828, Jean Bouthillier et son fils Louis-Tancrède font construire, sur un terrain des Sœurs grises, trois vastes entrepôts qui servent à l’inspection de la potasse, produit alors très convoité. Mais la vocation principale de ces immeubles devient rapidement l’entreposage de produits d’exportation. En 1845, le marchand Louis Renaud y stocke grains et farine. Deux siècles plus tard, ces solides bâtiments de pierre abritent désormais des bureaux et un restaurant, témoins vivants de la métamorphose du Vieux-Montréal.